Wednesday, February 15, 2012

Madagascar :Hausse des prix des carburants: Gros cyclone en perspective !

1 250 Fmg par litre. Tel serait le niveau de hausse des prix des carburants qui serait prévue incessamment. Les discussions battaient leur plein, lundi, avant que les uns et les autres parlent de cyclone. De source près des pétroliers, le gouvernement serait près de répondre à une attente de longue date qu’est la révision à la hausse des prix à la pompe. Quand on leur demande des précisions, certains refusent cependant de dire s’il y a eu accord ou non avec l’Etat. D’autres soulignent par contre que des assurances auraient été données par de hauts responsables.
En fait, la hausse partage plus que jamais l’exécutif. Si le Président de la Transition et le ministère des Finances sont foncièrement contre, le Premier ministre et le ministre des Hydrocarbures rouleraient pour la revendication des compagnies de distribution pétrolières.
Logiquement, Andry Rajoelina et Hery Rajaonarimampianina campent sur une position qui a permis de comprimer les prix à la pompe en dépit de l’augmentation des cours du pétrole brut sur le marché international. Cette politique s’est appuyée par un système de subventions aux sociétés pétrolières qui bénéficiaient par ailleurs d’un taux de change fixe à une certaine période. Ces compagnies à qui l’Etat malgache avait garanti un taux de rentabilité de 15 %, lors de la privatisation du secteur pétrolier aval en 2000, ont cependant réagi par une compression des marges bénéficiaires des stations-services et un ralentissement de leurs investissements dont la concurrence a conduit à une course quasiment sauvage entre les compagnies. Résultat : les stations-services ferment une à une. Les cas les plus flagrants se trouvent dans le nord du pays.
Espérons toutefois que ce n’est pas parce qu’il revient d’une tournée dans la région, qu’Omer Beriziky se déclare pour une révision des prix à la pompe. Certes, les prix ne sont plus administrés mais lui, son entourage et le ministre des Hydrocarbures qui n’est autre qu’un ancien directeur général de la Solima (société pétrolière appartenant à la l’Etat avant la privatisation) imaginent-ils les conséquences de cette hausse de 1 250 Fmg par litre ? Dans certaines régions, la hausse est déjà effective mais pas à ce niveau-là. Il s’agirait en fait d’une réaction des gérants qui augmentent leurs tarifs afin de préserver leurs activités avec des conséquences plutôt invisibles par rapport à celles qu’apporteraient une hausse nationale et « officielle » des prix à la pompe.
Avec la récente augmentation des salaires des fonctionnaires et autres agents de l’Etat, cette hausse prévue serait fatale pour les prix et pour l’économie en général. En 3 ans de crise, le pays a quand même pu tenir tant bien que mal. Et ce n’est pas à quelques encablures de la supposée sortie du tunnel qu’on va enfoncer la Grande Ile dans le gouffre. A moins que c’est l’objectif réel visé par Omer Beriziky et Marcel Bernard, tous deux issus de la mouvance Zafy.
Il est, en effet, étonnant que deux responsables soutiennent un schéma que même le petit lycéen sait catastrophique pour les prix et la population. Qui plus est, ils savent pertinemment que si le Grand Argentier campe sur sa position c’est que ce dernier trouve encore les ressources pour assurer les subventions. Si les subventions ne sont pas payées et les compagnies pétrolières bloquées pour leurs importations, c’est là seulement qu’il y a problème. Avec une hausse des réserves en devises à la Banque centrale en 2011, le pays viendrait-il à manquer de ressources pour ses besoins en pétrole ?
En tout cas, parler de hausse des prix des carburants en pleine tourmente cyclonique serait indécent. En matière météorologique, dit-on, le passé s’oublie facilement. Mais à bien des égards, on compare Giovanna à Géralda en 1994. On souhaite vivement que les dégâts du cyclone qui a frappé notre pays ne soient pas aussi catastrophiques que ceux de Géralda dont le passage était suivi d’une explosion des prix, les dégâts étant combinés aux conséquences d’une récente augmentation des prix des carburants. Le Professeur Zafy doit se souvenir de cette histoire sombre de son mandat qui périclitait justement depuis l’inflation généralisée initiée par Géralda et amplifiée par le flottement de monnaie. Si c’est ce genre de gros cyclone que M. Beriziky veut propager pour le pays, alors qu’il fasse augmenter les prix à la pompe.

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