Thursday, May 27, 2010

Nouvelle mode pourVenus Williams à Roland Garros



En général, le salon de la lingerie se déroule au mois de janvier à la Porte de Versailles. Venus Williams a profité de son deuxième tour sur le Central, mercredi face à l’Espagnol Arantxa Parra Santonja, pour afficher son goût des tenues légères, un rien vaporeuses et suggestives en dentelles noires. On aurait presque pu penser qu’elle était passée directement de sa chambre d’hôtel au court Philippe-Chatrier, sans prendre le temps de se changer, ni d’enfiler une culotte.

En fait, tout cela est très soigneusement étudié, façon défilé, au point qu’on en oublie un peu le score et ce qui se déroule sur le terrain. Si elle a réussi à focaliser l’attention sur son apparence plus que sur son jeu, Venus Williams n’en est pas à coup d’essai en ce domaine. Elle était déjà apparue avec une robe marron fendue du plus bel effet lors de l’Open d’Australie. A l’époque, cela avait déjà fait jaser. Les observateurs avaient été surpris par ses dessous couleur chair, qui loin de cacher ses formes avantageuses, les mettaient un peu plus en valeur laissant supposer une inattendue nudité.

Elle avait poursuivi dans le même registre lors du premier tour du tournoi de Miami, en mars où elle s’était présentée avec une tenue écarlate, ornée de coutures noires, qui rappelait la tenue des danseuses de French Cancan à l’époque de la splendeur du Moulin-Rouge. “C’est un motif à la fois sportif et sexy. D’habitude, je ne porte pas de rouge. Donc, cela est un peu une nouveauté pour moi“, avait-elle expliqué à l’époque. A Paris, Venus, qui dessine elle-même ses tenues, a inversé les couleurs. Corset noir (en dentelles, cette fois) avec des coutures rouges. Mais l’effet provoqué demeure le même. “Cela fait longtemps que je voulais faire cela. La dentelle n’a jamais été utilisée dans le tennis. C’est sympa à porter et c’est sympa de dessiner quelque chose qui semble avoir du succès“, a-t-elle expliqué.

Il est vrai qu’il n’y a pas que le tennis dans la vie, même quand on a gagné sept titres du Grand Chelem. Il y a aussi la mode. Venus Williams avait porté pour la première fois sa ligne de vêtements lors de l’US Open en 2007. Son idée était de proposer des articles (robes, pantalons, chaussures) dont le prix ne dépassait pas 20 dollars afin de les rendre accessibles au plus grand nombre. Quand on l’interroge pour savoir où elle puise son inspiration créatrice, elle répond: “cela est très lié avec l’illusion de la nudité. Ma dernière création, la robe Cancan, n’était pas dans cet esprit, en revanche en Australie, c’était l’idée. Mais pour moi, donner l’illusion d’une peau nue est bien plus beau“.

Fesses très développées

“J’essaie, en premier lieu, de représenter ce que je pense être ma personnalité sur le court. Ensuite, c’est d’essayer de représenter ce dont parfois on rêve. Parfois, vous voyez une robe et vous vous dites, j’aime cette coupe, je vais en faire une robe de tennis“. Cette réforme du traditionnel “dress code” semble ravir la Californienne, car elle met particulièrement à profit son anatomie. Elle avoue toutefois que le dessin de ses robes n’est pas conçu en fonction de son postérieur rebondi. “Il se trouve que les choses sont comme ça. J’ai des fesses très développées. C’est génétique. Si vous voyez ma mère et mon père, c’est la même chose. Si vous regardez ma soeur, c’est la même chose“.

Il est certain qu’avec des podiums de la taille du Central de Melbourne ou de celui de Roland-Garros, Venus Williams ne devrait pas avoir de mal à faire connaître ses créations. Pas de cartons d’invitation pour une cérémonie ultra-select réservée aux happy-fews qui se font la bise sans se toucher la joue. Non, là, c’est une heure de représentation au minimum et il suffit d’avoir un billet pour le central. Venus assure elle-même le défilé, la promotion et l’explication. “Je pense que dans mon jeu, dans mon style, dans mon attitude et ma personnalité, la manière dont j’envisage la vie est différente et unique et j’ai l’impression que pour mon style de mode, c’est la même chose“.

Après Roland-Garros, Venus Williams jouera à Wimbledon, tournoi qu’elle a remporté cinq fois depuis 2000. Dans ce temple du tennis et de la tradition, où les ladies portent de grands chapeaux et les gentlemen des costumes à queue-de-pie, le dress code est immuable: du blanc et rien que du blanc.

Ah, oui, on allait oublier: Venus Williams s’est qualifiée pour le troisième tour en battant Arantxa Parra Santonja, 6-2 6-4.

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